Les limites de la globalisation : Exemple de Wal-Mart
Article rédigé par Geoffroy Barre, mis en ligne le 10 déc 2007
Vous êtes ici : Tendances de communication > Les limites de la globalisation : Exemple de Wal-Mart

Ce matin sur Change This, j’ai consulté un pdf au titre accrocheur. The Hard Reality of Semiglobalization…And how to profit from it. Il s’agit d’un pdf de présentation du nouveau livre de Pankaj Ghemawat. Le livre, et le site dédié font un peu “diseur de bonne aventure” mais le document de Change This possède de bonnes informations, que je souhaite partager ici. Il y est notamment question de l’influence de la distance dans les relations commerciales. Le postulat de Pankaj Ghemawat est le suivant : Nous ne vivons pas dans un monde aussi globalisé que nous le pensons.
Bien que les outils existent pour favoriser les relations immatérielles et à distance, des frontières réelles, physiques, géographiques, influent sur les relations de commerce.
L’exemple de Wal-Mart
L’intégration, la globalisation des marchés n’est que partielle. La marge réalisée par les différents Wal-Mart à travers le monde en 2004 est un exemple. Les profits sont proportionnels à la distance. Wal-Mart réalise les meilleurs scores dans les entités les plus proches de son siège, basé à Bentonville, Arkansas. Mexique, Porto Rico et la Canada sont des territoires ou Wal-Mart est en situation de profit.
Outre-atlantique, c’est seulement en Angleterre que les bénéfices sont engragés. Dans les 5 autres pays, l’enseigne est en déficit.

- On remarque que tous les pays ou Wal-Mart est bénéficiaire parlent Anglais
- Canada, US et Angleterre ont un passé colonial commun (ce qui réduit la distance culturelle)
- Canada et Mexique font partie d’une zone régionale de commerce (NAFTA)
Il y a bien d’autres raisons pour expliquer ces chiffres. Outre les raisons de distance, on peut y ajouter des causes structurelles, intrinsèques à l’offre Wal-Mart.
- Peut-être un manque d’adaptation aux spécificités locales
- Communication / marketing déclinés ?
Les everyday low-price
La politique de la maison Wal-Mart, ce sont des prix bas tous les jours. 14% moins chers en moyenne, les prix Wal-Mart, cassés, ne sont pas sans conséquences. Dans Le Monde Diplomatique (Janvier 2006), on peut ainsi lire :
“Pour que le client de Wal-Mart soit comblé, le travailleur doit souffrir… Pour que les prix de Wal-Mart et de ses sous-traitants soient toujours les plus bas, il faut aussi que les conditions sociales se dégradent alentour. Et mieux vaut par conséquent que les syndicats n’existent pas. Ou que les produits viennent de Chine.”

Et si ne se nichait pas ici une des raisons de cette “moins bonne forme” de Wal-Mart en dehors des pays Anglo-Saxons. Outre la barrière culture / linguistique (les deux étant très liés), c’est aussi une question de culture sociale.
- Hostilité au libéralisme
- Attachement fort aux acquis sociaux
- Syndicalisme quasi nul mais existant, et qui n’est pas nié.
Champion de la mondialisation économique, Wal-Mart ne fait “rien pour globaliser les normes du travail, de la santé, de l’environnement ou de la condition féminine”, résumait Jesse Jackson (avril 2004, référendum sur l’installation d’un Wal-Mart à IngleWood).
Bref le pdf de ChangeThis est loin d’être exhaustif mais propose un point de départ intéressant sur la semi-globailsation. Avouez que se réveiller avec ça dans les dents, ça vous motive pour la journée non ?
A lire
Le pdf de ChangeThis, The Hard Reality of Semiglobalization…And how to profit from it.
L’article de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique).
Le référendum à IngleWood en Avril 2004 et le “non” de la population.
Tags: change this, mondialisation, semi globalisation, wal-mart


